Fromagers en mode circulaire

Agour explore la piste cidricole

La fromagerie Agour, fabricant d’ossau-iraty et de spécialités basques, à l’intention de demander à ses producteurs de lait de planter… des pommiers.

Très investie dans le développement durable à l’échelle du Pays basque (cf PF n° 115) la fromagerie Agour souhaite demander à des producteurs de lait de lui livrer aussi des pommes. « Je voudrais leur faire planter 30 hectares de pommiers au total, puis transformer la récolte en cidre  », confie Peio Etxeleku, patron de l’entreprise. Il a déjà entamé des discussions avec le plus gros producteur de cidre du Pays basque pour un partenariat.

Plus d’autonomie et de sobriété

L’idée s’inscrit dans une logique de résilience et d’accompagnement des éleveurs face au changement climatique, mise en œuvre de façon pragmatique : «  Nous allons leur proposer de planter 2 ou 3 hectares par exploitation, en leur payant les plantations. » Il souhaite que « les éleveurs s’approprient le projet, sans les brusquer – je peux même m’occuper de la gestion de la production – tout en leur offrant une diversification agricole à même de constituer une source de revenus complémentaires au côté de leur activité laitière. »

blabla ‘‘ Une diversification agricole apportant à nos éleveurs des revenus complémentaires. ’’

Membre de la Convention des entreprises pour le climat, le fromager basque est convaincu que le modèle agricole doit évoluer vers plus d’autonomie et de sobriété. Il réfléchit depuis plusieurs années à une transformation profonde des pratiques d’élevage pour les rendre plus résilientes : réduction de la taille des troupeaux, autonomie fourragère, séchage en grange, réintroduction des haies et des zones humides.
«  Compléter l’activité laitière par des productions végétales différentes – pommiers, fruits, légumes… –, en aidant à la valoriser constitue un axe d’avenir pour notre entreprise  », ajoute-t-il, précisant que les éleveurs sont désormais bien conscients des enjeux : «  Tous nos producteurs y voient clair là-dessus maintenant.  »
Pourquoi avoir choisi les pommiers ? « Parce que le Pays basque est aussi une terre de cidre et que cette culture s’intègre parfaitement au paysage agricole », répond-il. Agour transforme aujourd’hui 13 à 14 millions de litres de lait par an, collectés auprès de 150 éleveurs. L’activité laitière ne constitue qu’un gros tiers de son chiffre d’affaires, le groupe rayonnant déjà bien au-delà du fromage (chocolat, saucissons, constructions métalliques…).
Lui qui a vu son père « créer une fromagerie à partir de rien en s’appuyant sur 25 bergers assez fous pour lui faire confiance » croit aussi aux vertus de l’audace. n