Réseaux sociaux
Sophie Michel : « 15% de clientèle supplémentaire »
Installée depuis dix ans sur les marchés couverts de Maisons-Alfort, Sophie Michel utilise les réseaux sociaux depuis ses débuts. Pendant longtemps, leur impact est resté limité. « J’étais surtout sur Facebook. Je publiais des photos de mon étalage, de mes plateaux ou de mes événements. Cela permettait à mes clients habituels de suivre mon activité, mais sans attirer vraiment de nouveaux consommateurs. »
Tout bascule il y a un peu plus d’un an lorsqu’elle décide de changer de format. Fini les simples photos de produits : elle passe face caméra et publie régulièrement de courtes vidéos dans lesquelles elle présente ses fromages avec naturel et spontanéité. En parallèle, elle se lance sur TikTok. « Certaines vidéos sont devenues virales du jour au lendemain. Je suis passée de quelques centaines de vues à plusieurs dizaines de milliers sans vraiment comprendre pourquoi. »
blabla ‘‘ Les clients arrivent avec la vidéo sur leur téléphone.’’
Les effets sont immédiats. « Mes clients habituels arrivent au marché avec leur téléphone en me montrant une vidéo et en me demandant le fromage présenté. » Plus surprenant encore, de nouveaux consommateurs font parfois plusieurs heures de route pour venir la rencontrer. « Certains viennent de Paris ou d’autres départements uniquement parce qu’ils m’ont découverte sur les réseaux sociaux. »
Elle estime que son activité a ainsi progressé d’environ 15% depuis que ses vidéos rencontrent leur public. Une croissance suffisamment importante pour renforcer son équipe lors des périodes les plus chargées.
« Parler comme au marché »
Pour autant, la fromagère refuse de transformer sa communication en contenu formaté. « Je fais tout moi-même. Je ne refais jamais une vidéo. Je veux que les gens aient l’impression que je leur parle comme au marché. » Une authenticité qui semble plaire aux internautes. Les vidéos les plus spontanées sont souvent celles qui génèrent le plus d’interactions, tandis que les contenus plus travaillés ne rencontrent pas toujours le même succès.
Avec plus de 70 000 abonnés cumulés sur ses différents réseaux, elle reçoit régulièrement des propositions de partenariat. Elle les sélectionne avec prudence. « Je ne veux pas devenir influenceuse. Mon métier, c’est de parler de fromage et de mettre en avant le travail des producteurs. C’est pour cela que j’ai accepté de collaborer avec l’Appenzeller. » n