L’actu des Pyrénées

Laiterie de la Nive, en famille

Camille Lauzet, ingénieure agro-alimen­taire de 25 ans, et son père, venu de l’univers du roquefort, misent sur la diversité de leur gamme au lait de ­brebis.

« C’est l’aboutissement de toute la carrière de mon père et même de mon grand-père », confie Camille Lauzet. En 2025, la famille concrétise un vieux rêve : construire son propre atelier de transformation à Saint-Jean-Pied-de-Port. La fromagerie tire son nom de la rivière locale, la Nive. Elle collecte le lait de brebis de deux à trois exploitations. L’atelier transforme actuellement 2 000 l par semaine pour une capacité maximale de 4 000 l.
Pour optimiser sa production, la fromagerie travaille un type de fromage différent chaque jour : pâtes pressées et breuil, yaourts, pâtes molles, bleus… Si la gamme est large, c’est l’AOP ossau iraty qui représente près de 50% des volumes. « A la base, nous ne pensions pas en vendre autant, car il s’en fait déjà beaucoup ici. Mais finalement, c’est ce que les locaux apprécient, le traditionnel pur brebis », souligne Camille. Le bleu, lui, est un clin d’œil à l’héritage roquefortais de la famille, mais il se distingue par une texture plus crémeuse et un salage moins prononcé que son cousin aveyronnais.
La commercialisation s’effectue moitié-moitié entre vente directe et professionnels. « On a la chance d’avoir trouvé un terrain en bord de route, avec un petit parking. Les gens s’arrêtent », se réjouit Camille, qui ne cache pas ses ambitions : « Nous aimerions trouver un grossiste. Faire un marché, c’est chronophage, cela exige dix à quinze fois plus de temps que de remplir une palette. Cela nous libère du temps pour nous concentrer sur la production. La vente directe, si elle offre une meilleure marge, ne permet pas d’atteindre les volumes souhaités », calcule la jeune fromagère.
Le bâtiment a nécessité un investissement important, qui a pesé sur la décision de thermiser le lait. « On ne peut pas se permettre de prendre de risques, on fait plusieurs analyses par semaine », précise-t-elle.
Le principal défi de cette première année, avec une gamme aussi diversifiée, a été de maîtriser la régularité des fabrications. Pour y parvenir, l’équipe s’est renforcée avec l’arrivée en janvier d’une fromagère, Laurène (photo ci-dessus). Jérôme Lauzet s’est quant à lui recentré sur le commerce, tandis que la mère de Camille gère la comptabilité et la boutique. n