Offre Normandie

Stéphanie Conrad : « un manque d’accompagnement »

Elle avait été déclassée de l’AOP camembert de Normandie, l’été dernier, pour trois dégustations consécutives non satisfaisantes (deux fois pour des fromages trop coulants, une fois pour des produits trop secs). « Nous avons vécu un an sans l’AOP, cela n’a finalement pas eu beaucoup d’impact », confie Stéphanie Conrad, de la Fromagerie de Stéphanie, installée à Saint-Léger-sur-Sarthe, dans le sud de l’Orne.
« Nos clients, habitués aux variations du lait cru, ont continué d’acheter nos camemberts avec la même fidélité », assure-t-elle.
Le prix de la cotisation (environ 5 000 euros par an pour elle et ses deux livreurs de lait bio qu’ell prend en charge) n’a pas été déterminante. La fromagère pointe plutôt des frustrations : « Les séances de dégustation sont très théoriques. On repart avec des critiques, sans suivi. » Elle regrette que l’ODG ne propose pas davantage d’accompagnement technologique et d’animation pour fédérer les petits acteurs. Si elle salue l’accueil chaleureux de certains fromagers comme François Durand ou David Cahorel (camembert Le bienheureux) , elle estime que l’AOP manque de ce « côté familial qui donnerait envie d’y rester. » n